L’Afrique australe est connu comme étant l’un des derniers refuges planétaires pour la faune sauvage, terre de vastes étendues que parcourent plus ou moins librement les « Big Five » (lion, léopard, éléphant, rhinoceros, buffle). Mais depuis les années 80, des milliers de kms de clôtures électriques ont été installés: d’abord en Afrique du sud, puis au Botswana et au Mozambique… Clôtures supposées empêcher le braconnage, mais qui réinstaurent, dans les faits, un régime postcolonial idéologique et raciste de propriété privée – où les « Big Five », notamment, sont à la fois ceux de la conservation et de la chasse. 

Ce régime contemporain empêche ainsi les migrations du monde vivant, mouvements millénaires du nomadisme humanimal. Au coeur du Bush, s’incarne alors un étrange jeu autour de la lumière (être vu ou passer inaperçu) et son commerce, vital, de regards.

Ici, pelages, camouflages, armes à feu, caméra et lampes-torches dissimulent ou donnent à voir. Et c’est la nuit, pendant la pleine lune, que tout se joue…